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Cyrille Salmon, responsable Architecture Entreprise à la MACIF

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Chaque mois, découvrez notre People à la Une ! Ce mois-ci, c’est Cyrille Salmon, responsable Architecture Entreprise à la MACIF qui nous parle Data !

Pouvez-vous nous décrire votre parcours et votre carrière ?

Aujourd’hui, je suis responsable de l’Architecture Entreprise au sein de la Direction informatique et télécoms de la MACIF. Après un Master en Physiques et Traitement du signal et un diplôme d’ingénieur en Génie logiciel, j’ai travaillé quatre ans chez HP France en tant qu’ingénieur software. En 2001, j’ai eu l’opportunité d’intégrer IBM, leader de l’industrie, en tant qu’architecte IT pendant dix ans. Ensuite, j’ai rejoint la Caisse des dépôts en tant que responsable de l’architecture pour être recruté deux ans plus tard par la MACIF.
En parallèle, depuis 2015, je donne des cours d’architecture informatique au sein de l’Institut des Risques Industriels Assurantiels et Financiers (IRIAF) de l’université de Niort-Poitiers.

Parlez-nous un peu de la MACIF, ses missions, ses enjeux ?

Depuis sa création en 1960, la MACIF (Mutuelle d’assurance des commerçants et industriels de France et des cadres et des salariés de l’industrie et du commerce) est un assureur de biens tels que l’automobile, l’habitation et les professionnels. Depuis, le groupe a diversifié ses activités et est aujourd’hui présent également dans les domaines de la santé, de la prévoyance, de l’épargne, de l’assurance-vie et de la banque.

En 2014, la MACIF se positionnait comme premier assureur automobile et habitation en France. Comptabilisant plus de 5,3 millions de sociétaires, le groupe réalise aujourd’hui un chiffre d’affaires de 6,1 milliards d’euros avec 18,2 millions de contrats gérés (chiffres 2015). Récemment, le groupe Macif a adopté un plan stratégique 2016-2020, baptisé #Macifutur. L’idée est de s’orienter vers une meilleure expérience client (en mettant l’accent sur le numérique), une optimisation de notre efficacité opérationnelle (afin de baisser nos coûts de gestion et les délais de traitement des dossiers), la promotion de l’innovation afin notamment de développer de nouvelles offres en réponse aux évolutions du marché (amené par les nouvelles technologies et les nouveaux usages : IoT et véhicules connectés en tête) et une accélération de notre développement commercial grâce à une meilleure connaissance de nos clients sociétaires.

Quels sont les principaux besoins auxquels vous êtes confronté ?

Nous sommes dans un monde qui change énormément. Le digital et l’émergence des objets connectés sont en train de transformer peu à peu les besoins et les usages autour des produits d’assurance. Avec à la clé une grande masse de données à collecter, stocker et analyser.

L’objectif à court-terme est donc d’être en capacité d’analyser des gros volumes de données au fil de l’eau, d’en extraire la valeur et d’identifier les actions qui peuvent en découler.

L’un de nos enjeux principaux est donc de remettre la donnée au cœur de notre SI et de répondre à ces nouveaux usages. C’est dans ce cadre que nous avons fait appel à Umanis : afin qu’ils nous accompagnent dans la définition d’une nouvelle architecture de la donnée au sein du Groupe et qu’ils nous aident à en définir la trajectoire d’implémentation.
Notre premier besoin tenait à la complétude et la qualité des données provenant de l’ensemble des entités du Groupe. Cela a vite débouché sur d’autres besoins tel qu’un espace de liberté (Data Lab) pour nos statisticiens et Data Scientists, afin de lancer de nouvelles expérimentations et de travailler sur la donnée. L’idée est d’éviter d’avoir un accès trop restrictif et figé à la donnée, ceci tout en respectant les règles d’habilitations de chacun. L’autre point important était d’optimiser notre gouvernance des données. Celle-ci répond à un besoin réglementaire qui nous oblige à avoir une traçabilité forte des transformations faites sur les données.

Quels projets avez-vous mené conjointement avec Umanis ?

Nous avons mené un projet de définition d’un schéma directeur. La mission, a commencé en octobre 2015 sur six mois et s’est divisée en cinq phases :
– cadrage,
– analyse des besoins,
– identification de l’architecture cible,
– identification de la trajectoire
– estimation des charges

Les équipes d’Umanis ont cadré et collecté les besoins faisant intervenir tous les métiers de la MACIF : IARD, santé, prévoyance, épargne, finance, marketing et pilotage du groupe. Ce projet était commandité par le Directeur Général Délégué, ce qui a facilité l’adhésion de tous. Suite à cela, nous avons défini une architecture cible donc le socle. Les équipes d’Umanis nous ont proposé plusieurs scénarios, l’un basé sur l’ancienne génération d’outils donc une architecture classique, l’autre, entièrement basé sur les nouvelles technologies Big data et puis un scénario hybride avec une architecture Big data composé d’un Data lab et d’un Data lake en conservant une partie plus classique pour la refonte des entrepôts décisionnels.

Le scénario hybride nous semblait plus réaliste et en rapport avec nos contraintes réglementaires et de traçabilité des données. En plus de cela, le choix d’une architecture plus Big data était en accord avec la maturité des outils du marché.
En optant pour l’architecture hybride, plusieurs axes ont été définis : un axe de réorganisation des entrepôts, un axe de mise en place d’une architecture Big data composée d’un Data lake et d’un Data lab et la mise en place d’une brique de gouvernance et de nouveaux outils de restitution. Nous avons ainsi défini un programme de transformation composé de quinze projets sur cinq ans. A titre d’exemple, parmi ces quinze projets, nous avons procédé à l’installation technique du socle, au choix des outils de Gouvernance & de mise en Qualité des données (Dictionnaire de données, Référentiel, Traçabilité, Transformation, migration), à l’alimentation progressive du DataLake, en plusieurs lots par type de données métiers ingérées, à l’ouverture du socle aux DataLabs, à la refonte des Entrepots métiers & Pilotage Groupe etc.

Les équipes d’Umanis sont également intervenues sur la partie gouvernance de la donnée et en assistance sur la définition de l’architecture de la plateforme Big data.

MACIF UMANIS
En 2014, la MACIF se positionnait comme premier assureur automobile et habitation en France
Quel bilan pouvez-vous dresser de votre collaboration avec Umanis ?

Umanis a rempli sa mission ! Nos enjeux étaient transverses, provenant de toutes les directions métiers, et les équipes Umanis ont permis d’agréger tous ces besoins, en écoutant chaque partie et en les regroupant.
Nous avons ainsi pu définir une cible et une trajectoire qui donne lieu à un programme conséquent sur 5 ans, aujourd’hui un des piliers de notre programme #Macifutur.

Quels conseils donneriez-vous à nos lecteurs s’ils veulent se lancer dans un programme de transformation data-oriented aussi ambitieux ?

Comme chantier à anticiper, je conseillerai d’avoir un sponsoring fort de la DG et de voir grand mais de commencer petit et montrer des résultats rapides au travers de QuickWins. Autre conseil : réajuster la trajectoire en fonction des changements de priorités des métiers. Par exemple, nous avons dû avancer les dates de mise à disposition des outils de Data Analytics car les besoins métiers se sont accélérés sur ce sujet. A contrario, les refontes de certains entrepôts ont été décalées dans le temps car les SI opérationnels sous-jacents étant eux-mêmes en refonte nous ne voulions pas faire deux fois le travail.

Je présume que vous vous posez des questions notamment avec l’IOT qui devrait par exemple amener des offres personnalisées en fonction des comportements. Qu’en pensez-vous ? Quels sont les grands enjeux de la Macif dans le futur ?

Comme expliqué précédemment, les objets connectés vont transformer les besoins et les usages autour des produits d’assurance. Avec à la clé une grande masse de données à collecter, stocker et analyser qui ne pourra se faire que grâce aux nouvelles technologies liées au Big Data et au Machine Learning et également à la montée en puissance de nouveaux métiers experts de la donnée (Data Scientists et Data Engineers).

La voiture connectée risque de modifier le paysage de l’assurance auto. Les assureurs qui seront capables de tenir compte dans leurs contrats du comportement routier du conducteur auront certainement une longueur d’avance. Quant à la voiture autonome, elle obligera les assureurs à être en mesure de détecter qui pilotait le véhicule au moment du sinistre (l’ordinateur de bord ou le propriétaire) afin d’en déterminer les responsabilités. On peut imaginer demain qu’un véhicule possédera un contrat d’assurance lié à son propriétaire (qui l’assure lorsque ce dernier conduit) et un autre contrat lié à son constructeur (qui assure le constructeur lorsque c’est l’ordinateur de bord qui conduit). Un vrai casse-tête pour les assureurs de demain, qui devront donc tenir compte de tous ces paramètres et de la masse de données qui en résultent.

Quant aux autres objets connectés (bracelet santé et maison connectée), ils devraient permettre d’améliorer la prévention des risques et donc de diminuer le risque de survenance des sinistres. Ce qui devrait avoir un impact bénéfique sur les tarifs des assureurs qui seront en mesure de tirer parti de ces innovations.

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